J’ai changé de garderie
Mes parents ont encore eu une idée saugrenue. Il fallait que je change de garderie. Vous savez, cet endroit où les éducatrices répétaient: « Adèle a passé une bonne journée, elle a bien mangé, bien dormi et joué avec les amis ». Ou encore cet endroit où j’étais la chouchou, avait le droit à des câlins illimités et où je faisais régner la loi, la mienne. Et bien, apparemment, mes parents n’étaient pas très contents de se faire entendre dire que je mangeais bien et dormais bien tous les jours sans plus de détails. Ils voulaient en savoir plus. Est-ce que je leur demande moi ce qu’ils font de leur journée ? Non. D’une, parce que je m’en fiche un peu. De deux, je comprends rien à leur métier. Surtout Papa. Je ne suis même pas sûre qu’il sache lui même ce qu’il fait …

Donc, ils ont annoncé à mon éducatrice que la Dédèle, elle pliait les Gaules à la fin du mois. Elle a pleuré. C’est malin, ça. Mes parents sont vraiment des bourreaux. Évidemment qu’elle est triste. Elle perd sa lumière, son rayon de soleil, sa raison de se lever le matin … Quoi, j’en fais trop ? Bah toujours est-il qu’elle transpirait beaucoup des yeux et que ça tremblait de la lèvre inférieure. Bref. C’est arrivé, j’ai bien mangé et bien dormi une dernière fois chez les « Petits Athlètes » et en route vers « Les Trottinettes ». Ah ça, le Québec, pour les noms de garderie, on repassera. Je suis pas prête d’aller à la garderie « Claude Debussy », on reste dans le trivial, la trottinette, le poussin, le joyeux lutin … En même temps, la garderie « Céline Dion », hein, on est pas pressé qu’elle existe. Oui, je suis chafouin. Quelle idée de me changer de garderie, aussi.

Et voilà que je fais la visite de mon nouveau royaume avec ma mère. Mon père devait avoir compétition de poney aquatique, toujours est-il qu’il n’était pas là. Quelle ne fut pas ma joie de retrouver mon ami Arthur ! Souvenez-vous, mon partenaire de crime qui saute sur le lit avec moi, fait les 400 coups sur le toboggan avec moi, se met la tête sous l’eau froide … On ne sait pas qui influence l’autre, mais disons qu’on est pas les derniers pour la rigolade. Et v’là t’y pas que je me retrouve dans la même garderie que lui. Gé.nial.

Il faut que je vous parle du parc. Il. y. a. un. parc. DANS LA GARDERIE. Juste pour nous. Je peux faire du toboggan tous les jours. C’est comme si on annonçait à Papounet qu’il avait le droit de mettre son orgue à fond tout le temps. Ou qu’on permettait à ma mère de faire la grasse mat’. Ou qu’on offre un Skidoo Porsche à mon père (oui, il a des goûts de chiotte, mais n’oubliez pas que je ne l’ai pas choisi). Enfin vous avez compris le délire. Je suis joie, bonheur et excitation. Dans cette garderie, il y a aussi un cuisto. Patrick. Comme mon papy. Et c’est super bon sa cuisine.

Après la visite, ce fut le premier jour. Je ne devais rester que 3 heures pour mon processus d’adaptation, mais je m’amusais tellement, qu’ils ont décidé de me garder toute la journée. Comme quoi que je m’adapte très bien, que ça fait comme si j’étais là depuis longtemps, que je suis adorable et tout, et tout. Un jour, et on m’adore déjà. I know. Queen Adèle is back, baby.

Je vous laisse deviner le premier compte-rendu détaillé que mes parents ont reçu.
Adèle a bien mangé, bien dormi et elle a joué avec les amis. Et bin, ça valait la peine de me changer de garderie…
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