Je pars faire du camping

Je pars faire du camping

Mes parents ont toujours beaucoup d’idées. Rarement bonnes, il faut le reconnaître. Pour autant, hier, ils m’ont annoncé qu’on allait partir dormir sous une tente au camping. On les connaît, à tous les coups, ils vont oublier la tente ou les matelas et vont prétexter qu’ils sont fatigués: “ouin ouin, on travaille dur”. Je ne sais pas ce que c’est que travailler, mais ça a l’air d’être une sacrée bonne excuse pour ne pas vouloir aller au parc en tout cas. Si vous saviez le nombre de fois que j’ai entendu qu’on ne pouvait pas aller au café, ou pas aller à la bibliothèque parce que “il est 7h30 et il faut qu’on aille travailler”. Ouais. Qu’est-ce qui est plus important que de se cultiver, de s’entretenir physiquement ou de faire vivre le commerce de proximité ? Certainement pas de virer des gens ou faire des PowerPoint. Mais je m’égare. À la base, je vous parlais d’une plutôt bonne idée de mes parents: aller au camping.

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’aime être dehors. J’aime aussi manger et faire des câlins, mais ça n’a rien à voir. Être dehors: courir dans les bois, ramasser des cailloux et des bouts de bois, s’émerveiller devant une feuille ou un arbre tombé, crier sur les oiseaux qui n’ont rien à faire dans MA forêt ou regarder les bibittes (les insectes, ndlr). Le bonheur. Je ne me suis donc pas faite prier pour monter dans la voiture. Surtout que ma mère m’y attendait avec des gâteaux au chocolat. Cette fin de semaine s’annonce des plus sympathiques si vous voulez mon avis.

Sur la route, ça n’avançait pas vite. Papa a dit qu’il y avait des bouchons. Étrange, car il n’y avait pas de bouteille. La route s’est dégagée et la voiture a accéléré. J’aime bien quand ça va vite, et j’aime le susurrer à plein poumon dans les oreilles de mon père quand il ose ralentir. On approche de l’entrée du parc. Déjà, la végétation se densifie, les arbres sont plus hauts et plus proches de la route. Le rythme de la voiture se calme, on enchaîne les courbes douces de la route de colline. Au départ, je voulais dire montagne, puis je me suis rappelée que mes tantines habitent dans la vraie montagne. Alors, va pour colline. Quoi que. Quand ma mère fait du vélo sur la route de colline, elle trouve que ça fait très “montagne”. Allez savoir. Toujours est-il que c’est beau. On s’arrête devant la guérite de la maison du parc. Cela me permet de poser ma question favorite du moment. POURQUOI ?

Nous arrivons enfin à notre emplacement. J’en profite pour demander “Pourquoi on se stationne ?”. J’ai jamais dis que je ne posais que des questions intelligentes, hein. Un peu groggy par la route, je tente quelques pas sur le chemin carrossé. Je la vois enfin. Dressée majestueusement, n’attendant que moi. La tente. Mes parents s’affairant à vider le coffre d’une voiture bien trop remplie pour deux nuits, je profite de ce moment de grâce pour exprimer ma joie: ADÈLE VA DANS LA TENTE ! À la grande surprise de mes parents, j’arrive parfaitement à gérer l’ouverture de la porte. Là, normalement, le lecteur assidu s’arrête deux secondes. La porte ? Oui, la porte. Quand je pars faire du camping, il y a des portes dans les tentes. Je vous rappelle que je suis au Canada. Une tente, ça fait 10 mètres carré, il y a deux lits et un frigo et une table quatre place. Parce qu’on peut.

Mes parents se lancent dans l’allumage du feu. J’y connais rien, donc je ne jugerai pas, mais lancer un feu avec trois briques d’allume-feu, ça me paraît un peu de la triche quand même. Disons que le côté trappeur, coureur des bois, en prend un coup sévère sur la crédibilité. Toujours est-il que c’est beau, les flammes virevoltent dans l’air, cramant une ou deux bibittes imprudentes. D’ailleurs, comme mon père, je dois être savoureuse, car les bibittes n’arrêtent pas de me déguster. Je réclame donc du pchit à ma mère. Et je le fais avec une douceur et une fréquence tout à fait raisonnable. Non. Je demande du pchit toutes les deux secondes et je hurle sur les moustiques qui osent s’approcher trop près.

C’est enfin l’heure du dodo. Je prends évidemment le temps de mentionner à mes parents le chant des oiseaux à chaque fois que j’en entends. Vous seriez surpris du nombre d’oiseaux qui chantent dans les bois. Mes parents ne s’en rendaient pas compte, mais y a vachement d’oiseaux qui aiment chanter. Le temps d’un battement de paupières et il est déjà 5h55, l’heure de rappeler au paternel à quel point il m’aime. PAPAAAAAAAAA ? J’ai fini mon DODOOOOOOOOOOO. Et c’est parti pour une journée de folie dans le Parc National d’Oka !

Adèle Jardat Matry

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2 Comments

  1. Bravo Xavier, une fois de plus tu nous régales avec ces moments de vie vus par Chouquette!!Ce weekend avait l’air très réussi et l’environnement complètement adapté à la miss!
    Bisous
    Aurore

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