Je ne suis plus une chenille, je suis une coccinelle
Enfin. Il était temps. Après avoir été considérée pendant un an comme une chenille, le nom du groupe des mini-bébés à la garderie, je peux enfin prendre mon envol et rejoindre le groupe des coccinelles. Je quitte les baveux, les chialeux, les rampants et je retrouve les criants, les courants, les sautants. Une belle promotion. Tout n’est pas parfait, loin de là, j’ai quand même quelques griefs à vous partager.

Mais avant de sauter dans le vif du sujet, je dois vous expliquer un peu le contexte. La garderie est divisée en trois groupes: les chenilles, les coccinelles et les papillons. Le rapport avec le nom de la garderie des « petits athlètes » ? Aucune idée. Ce que les coccinelles font dans la chaîne entre les chenilles et les papillons ? Je vous en pose des questions, moi ? Bref. Je suis une coccinelle, je peux maintenant profiter des jeux des grands et surtout courir partout. Ça, c’est une nouveauté pour mes parents, maintenant, je cours partout. Toujours en levant beaucoup trop les pieds. Il faut dire que j’ai volé des chaussures à la garderie, dans le groupe des grands. Elles sont beaucoup trop grandes pour moi, mais ne tentez pas de me les enlever. Elles sont à moi et je les adore. Je tolère à peine qu’on me mette pieds nus pour dormir.

L’autre nouveauté, c’est que dans le groupe des chenilles, j’étais la princesse. Princesse terreur, mais princesse quand même. Par exemple, quand je décollais les têtes avec de gentilles baffes, et bien, à part des remontrances de l’éducatrice, je ne risquais pas grand-chose. Maintenant, les coccinelles osent me rendre mes baffes et ils sont beaucoup plus grands que moi. C’est vachement moins drôle d’un coup. Bon, il faut reconnaître quand même que si quelqu’un se met entre moi et mes parents qui viennent me chercher, ça finit toujours par : je passe quelque soit l’obstacle. Ça passe. Toujours. Adulte, enfant, porte, jouet, y a tout qui dégage manu militari.

La liste des irritants continue. Ils ont arrêté de me donner du lait en poudre ! Je suis obligée de boire du lait de vache. Quelle horreur. Ça n’a pas du tout le même goût. Heureusement, ils me chauffent le biberon et ça c’est plutôt bien. Niveau nourriture, je ne me laisse pas aller. Brioche, muffin, croissant, chocolatine (désolée, ici aussi, ils ne disent pas pain au chocolat). Au risque de vous surprendre, je mange les épinards crus, des pâtes épicées au gingembre, du boeuf bourguignon, du chou-fleur, des noix, des fraises, des pommes, de l’avocat … bref, je mange de tout. Sauf le poisson que je n’apprécie que peu. Si je mange de tout, j’ai quand même des envies précises. N’allez pas me donner du boeuf quand je veux du hummus. Pareil, votre brioche quand je veux du concombre, vous pouvez vous la garder. Malgré tout cela, le verdict tous les jours est le même à la garderie. « Comment s’est passée la journée d’Adèle ? Elle a bien mangé, bien dormi ». Voilà. Je vais bien.

Maintenant, je veux aller à la garderie à pied. Je n’aime plus la poussette. La voiture, je tolère. Mais la poussette c’est le mal. Tenez le vous pour dit. D’ailleurs, pour beaucoup de choses, je préfère faire moi-même. Les deux niais qui me servent de parents sont bien gentils, hein, mais il faut parfois savoir reprendre les choses en main. Par exemple, c’est moi qui met mon bonnet et mon cache-cou. Je tente pour les chaussettes et les chaussures, mais je ne comprends pas encore le concept de droite et de gauche. Donc une fois sur deux, je me plante. Par contre, pour démolir seule les Legos de mon père, héhé, je me fais rire moi-même. Vous devriez voir sa tête quand j’arrache fièrement des pièces devant lui !





Mais il y a encore une autre chose que j’aime faire: du piano !
Enfin, tout ça pour dire que je suis prête à venir vous retrouver en France, j’ai même passé mon brevet de pilote !

BRAVO Adèle pour ta promotion! Tu vas être une adorable coccinelle! Et peut être que tu deviendras la princesse des coccinelles!
Elle change à vue d’œil
Hâte de la rencontrer
Bisous