J’ai un an !
Un an, c’est 31.536.000 secondes. C’est beaucoup. Mes parents rouspètent toujours sur le fait qu’ils ne dorment pas depuis un an. On dirait un disque rayé, c’est bon, on a compris. Il y a un an, on se découvrait pour la première fois. Ma maman, mon papa et moi, chouquette. J’ai grandis (dans toutes les dimensions) et je pèse 10,3 kilogrammes. Pour ceux qui ne visualisent pas, je suis plus grande et plus solide que 85% des bébés canadiens. Et j’ai pleins de cheveux. À la garderie, je me fais respecter sans aucun problème. Bref, tout ça pour dire que j’ai 1 an et que ça fait tout drôle à mes parents.

Vous n’imaginez sans doute pas toutes les découvertes que j’ai eu le temps de faire en un an. Respirer, manger dans les pots de fleur, déchirer des papiers importants qui n’étaient pas rangés (donc pas si importants), enlever mes chaussettes pour les remettre aussitôt, me mettre sur la pointe des pieds pour attraper ce câble qui traîne … Si j’ai bien appris une chose, c’est que les bêtises, ça se fait en silence, pour ne pas attirer l’attention. Il paraît que mon père et mon tonton avaient inventé la bataille silencieuse pour se mettre des pains dans la face sans se faire enguirlander. Moi, je dépose le carnage silencieux: cela consiste à détruire avec minutie tout objet, revue, plante, être vivant se trouvant à porter de mimines.

Ah, je marche en déambulateur aussi. Je pousse mon petit chariot de jeu dans tout l’appartement. Je sais ouvrir et fermer les portes de placard, jouer avec les interrupteurs et faire « Jour / Nuit / Jour / Nuit » sans me lasser. J’essaie d’enfiler mes chaussettes et chaussures toute seule (mais c’est encore un peu difficile). Je fais des blagues: j’enfile mon pantalon sur la tête et ça fait rire mes parents. Alors je le fais tout le temps. Je sais empiler mes cubes, mais j’aime surtout les ranger par taille décroissante. Et attention, il faut respecter l’ordre, sinon je recommence tout le tri depuis le début, pour ça je fais preuve d’une patience infinie. Pour la première fois, aujourd’hui j’ai utilisé trois « mots »: mamamamamamama avec la main à la bouche quand j’ai faim, maman-maman-maman quand j’ai besoin de la grande à cheveux longs et papapapapapapapapa quand j’ai besoin d’un câlin ou d’aller me coucher.

Par contre, d’autres dents poussent, et ça fait très mal. Je suis une femme forte et indépendante, donc je prends beaucoup sur moi, mais parfois, avec les prémolaires, j’apprécie un petit câlin de réconfort. D’ailleurs, ma grand-mère Aurore est venue à ma fête ! Elle s’occupe bien de moi, des câlins, le bain, le repas et elle me cajole dans la voiture. C’est bien d’avoir un autre adulte pour moi toute seule. On a fait des ballades dans la rue Wellington, on a fait les bords du Saint-Laurent à pied et en voiture (qui me berce super bien) … et ce n’est que le début !

Encore une fois, je m’égare. On est ici pour me célébrer, moi, la princesse de la garderie incontestée, que tout le monde aime même quand je tire les cheveux. C’est donc parti pour la fête, bien que j’ai encore quelques doutes sur ce qu’on fête ici. On devrait surtout féliciter ma maman non ? Non, je rigole, bien sûr que c’est moi qui va avoir tous les cadeaux et les câlins. Ma maman m’a fait un gâteau au yaourt. Succulent. Je me suis fait un shampoing avec la garniture et pour remercier ma mère, je lui ai tartiner le visage de pâtisserie. Oui, je suis quelqu’un comme ça, le cœur sur la main.

J’ai reçu des livres musicaux de la part de Didier et Agnès. Ils tournent en boucle. Vous n’imaginez pas combien de fois j’écoute la cucaracha. Vraiment beaucoup. Je danse dessus en me dandinant, ce qui fait encore une fois beaucoup rire mes parents. Mon tonton m’a offert un très beau livre que mon papa me lit le soir pour me faire dormir, j’adore lire des livres, je tourne les pages avec plus ou moins de douceur, je tends le livre vers mes parents pour qu’ils me le lisent en me collant sur eux. Et j’ai reçu une montagne de vêtements, je m’habille en 2 ans maintenant, c’est ça d’être grande. Ça rend fou mon papa qui voit des petits habits qui n’ont été mis que deux fois et qui sont déjà trop petits …

Et oui, j’ai 1 an et tout file à toute vitesse. D’ailleurs, je dois vous laisser, il faut que je fasse la course à quatre pattes avec ma mère, que je mange le cœur d’un concombre entier et que j’aide mon père à sortir le linge de la machine, et le rentrer, et le sortir, et le rentrer …


…
Chère Adèle, voilà un an qu’on change tes couches et que nous lisons tes exploits sur ce blog. On s’émerveille de chaque avancée que tu fais chaque jour. Une dent qui pousse, tes premiers pas hésitants en nous tenant les mains, ta tignasse indomptable (sauf quand je lui mets un coup de tondeuse), tes premiers rires et surtout tes gros câlins quand tu attrapes mes épaules pour te rassurer. On s’amuse à retrouver de qui tu tiens tel trait de caractère, à qui tu ressembles mais surtout on s’amuse bien à te lire des histoires, te voir massacrer le piano, découvrir ta grimace devant un petit pot de purée de carotte et ta capacité à t’endormir dans des positions invraisemblables. On te souhaite une deuxième année incroyable, avec des gros changements à venir: marcher et parler, qui te feront quitter le monde des poupons pour devenir un enfant. Nous serons bien évidemment à tes côtés pour te soutenir, te câliner, t’emmener à l’hôpital quand tu auras trop mangé de terre dans les pots de fleurs et te rassurer quand tu te réveilleras encore et encore la nuit.
Xavier
Surtout, nous avons hâte de vivre la suite de l’aventure avec toi !
Bisous chatouilles de ton papapapapapapapapapapapa

bon anniversaire Adèle
tu est très belle et tu a l’air très coquine bon courage à tes parents
tu n’a qu’un an ils en reparleront dans 40 ans!!
grosses bises à toi et embrasse tes parents et ta grand mère Auççrore
A bientot
😍