En descendant de la montagne …
Vous vous souvenez sans doute que je vous avais promis d’écrire plus souvent. Bon, comme l’aurait dit Jacques C, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Regardez mes parents, je leur ai promis que j’allais dormir cette nuit. Bon. C’est toujours drôle de voir leur tête quand je me réveille après juste une heure de dodo. Z’y avez cru, hein. Bref, vous n’êtes pas venu ici pour entendre parler de mes capacités de récupération incroyables, mais plutôt pour lire trois mois plus tard comment s’est passé mon voyage à Aix-les-Bains. Alors, allons-y.
On a pris le train pour y aller. C’est pas pour critiquer, mais quand on l’habitude de voyager dans sa propre bassinette dans l’avion, être allongée dans un siège de première classe de TGV, c’est moins bien. Et on se traîne. Alors qu’en avion, ça file. Il faut reconnaître toutefois que regarder le paysage filer par la fenêtre, voir les champs et les villages et les plaines devenir des collines puis des monts et des montagnes, ce n’est pas totalement désagréable. Mes parents se sont bien chargés, quand tu empiles les valises, on ne les voit plus derrière. On se demande qu’est-ce qu’ils trimbalent comme ça. Comment ça mon lit, trois bidons de lait, mille pyjamas ?
À la sortie du train, Mamie Aurore nous emmène sur les hauteurs de Aix-les-Bains. On arrive à la Villa des Écureuils. Alors, là encore, c’est pas pour faire des comparaisons, mais vous avez vu le volume des écureuils canadiens ? C’est exactement comme moi par rapport aux autres bébés. Villa des tous petits écureuils alors. On me reçoit comme une reine, j’ai mon propre appartement, le grand luxe. Je ne sais toujours pas pourquoi ils ont amené mon lit, je ne comptais pas en faire grand usage. Je découvre les peintures, le jardin, la grosse voix de Rémi et les couchers de soleil sur le lac. C’est beau. Mon père, ce paparazzi, n’arrête pas de prendre des photos, je vous jure, cette génération qui pense à sortir son téléphone et ne prend pas le temps de profiter…
On m’emmène ensuite dans un café avec tout plein de trucs. Vraiment beaucoup de trucs. J’ai un peu envie de tout attraper mais apparemment on ne me fait pas confiance pour manipuler de la porcelaine. On me présente mon papy Patrick. On rigole bien sur ses genoux, et je finis par donner un coup de main à Sandrine pendant le coup de bourre. Un chiffon sur l’épaule, j’essuie un biberon l’air philosophe, vous savez ma bonne dame, y a plus d’saison. On visite leur future maison en pleine rénovation, mon père voulait aider en portant un frigo mais c’était encore un peu tôt pour l’électroménager. Il est quand même content parce qu’il a pu découper des gros arbres.
Par contre, il y a un truc que je n’arrive pas à m’expliquer. Tout le monde se fout des cotons de tige dans le nez. Pourquoi ? Pourquoi vous faites des trucs de même (expression québécoise) ? Tabarnak, quand on me mouche, je déteste ça, et vous, vous vous chatouillez les neurones pour savoir si vous êtes positifs. C’est-tu dont bin étrange un adulte … Mince, j’ai pris l’accent, j’avais promis à mes tantes que je garderai ma gouaille franchouillarde. En tout cas, l’aut’ jour en ballade y f’sait frète en titi, c’tait écœurant en ostie mon cheum.
Marche le long du lac, contemplation des montagnes, tour de poussettes, câlins, la vie est belle à la montagne. Je vais passer sous silence le retour au Canada, j’avais mal aux dents, je n’étais pas au mieux de ma forme. À la sortie de l’avion, il y avait une tombola géante pour savoir qui gagnait le droit se faire empaler les nasaux sur un cotillon. Bingo pour le papa, il a pas su apprécier sa chance. J’en profite pour dire un gros merci à tous ceux que j’ai croisé. Et on se dit à bientôt, la gang, prends ta tuque, on va capoter bin raide. Chu dûe pour un petit dodo et je vous reviens vite. Enfin vite, quand Papa daignera passer du temps au clavier quoi.
Très chouette le récit d’Adèle et mon lointain souvenir des expressions canadiennes : « Tabarnac, de Chris, de calice, d’ostie d’ciboire »
Un grand merci pour ce retour qui nous fait partager, outre vos photos par what’app, les impressions de miss Adelita.
Plein de bisous à vous 3 de tata Cricri