Mon premier trimestre
Il faut qu’on parle. La dernière fois, je vous avais laissés sur un joli sourire, mais, les amis, il s’en est passé des choses depuis. Force est de constater que les deux rigolos commençaient à être sacrément rincés. Ils ont des cernes, on dirait des crevasses. Je vois bien qu’ils vont pas tenir le rythme longtemps. Pourtant, ce n’est pas compliqué, on se repose quinze minutes et hop, on repart pour un tour. Ils sont bien faibles quand même.
Je me suis rendue compte d’un truc incroyable. J’AI. DES. MAINS. Non, mais vraiment, avec cinq doigts dons chaque. Incroyable vous dis-je. D’ailleurs, quand je m’en sers et que je serre les cheveux de mes parents, ils ont l’air d’apprécier. Je tire de toutes mes forces pour les remercier. Ils vont finir chauves tellement je suis reconnaissante. Sur mon mobile, je balance des torgnoles de l’espace dans un petit cube. Celui là, si je l’attrape, je lui fais la tête au carré. Hu hu, la tête au carré pour un cube. Oui, j’ai le sens de l’humour de mon père, et alors ? Progressivement, je contrôle un peu plus mes gestes, je vise mieux, je rate de moins en moins l’œil du gros lard, mais il esquive bien le bougre.
J’ai rencontré mes grands-parents Matry ! Ils étaient contents, on a bien rigolé. Ils m’ont joué de la musique, on a fait des randonnées, ils m’ont câlinés. Le mieux, c’est quand même que je peux roupiller allongée sur eux. Ça fait deux terrains d’atterrissage supplémentaires, moi, j’aime bien. Je suis sûre que je pourrai faire pleins de trucs avec eux que je ne peux pas faire avec les deux coincés ensommeillés. Bon d’ailleurs, ils sont passés où ces deux là ? Comment ça « partis au restaurant » ? Sans moi ? Bin voyons don’ Faudrait pas que ça devienne une habitude ça. À peine arrivés que les grands-parents doivent repartir. Ils sont pas restés longtemps, mais il paraît que je vais pouvoir les revoir bientôt. Et que je vais entendre de l’orgue. Aucune idée de ce que c’est mais apparemment, ça décoiffe.
Je suis vraiment trop sympa. Mes parents étaient sur les rotules, à pleurnicher comme quoi je ne dors pas assez longtemps, gnagnagna. Bim, je le sors une nuit de sept heures dans les dents. Ils étaient debout, devant mon lit, le biberon à la main à minuit, comme d’habitude mais non, je continue ma nuit jusqu’à quatre heures. On dit quoi ? Merci Dédèle. Je leur prouve que c’est pas un hasard, et je récidive les nuits suivantes. Il faudrait pas qu’ils gagnent trop vite la confiance, mais je vais les laisser respirer un peu. J’ai quand même compris que c’était eux qui amenaient les biberons, s’agirait pas de trop les vexer.
Je sens qu’il se trame quelque chose. Ils vident mes tiroirs dans une grosse boîte noire. Ils n’arrêtent pas de me parler de saucisson, de from-ton, de tatas, tontons, de grands-parents … C’est bien mignon tout ça, mais ça m’a l’air rudement compliqué d’y aller en poussette. Comment ça, on y va pas en poussette ? Je me disais bien qu’une arnaque se profilait à l’horizon. Dans le doute, je vais dormir, faire le plein de sommeil. Je me retrouve régulièrement dans leurs bras, ça secoue un peu. Quand j’ouvre les yeux, je me retrouve entre deux bébés du même âge que moi. Laissez-moi rire. Ils sont tout maigre, tout petit ! Des microbes. J’en bouffe trois comme ça chaque matin dans mon biberon. Pas impressionnée pour deux sous, je referme les yeux. Je les rouvre, une madame en uniforme s’extasie devant mon passeport. Et hop, enfin une tête familière, voilà Papounet dans son char à hélice (les fans de BMW comprendront). Tiens, ça fait longtemps que j’ai pas mangé moi.
Je regarde par la fenêtre, c’est un peu différent. Oui, je suis bien arrivée en France …
Hop, générique de fin d’épisode.
Frustration.
La suite dans le prochain article.
…
Tiens, je me referais bien un petit bibs en attendant.
Le texte est vraiment très sympa… où en est ton roman Xavier ? Il faut persister 😊
Sympa, mais ça manque quand même de photo, Chouquette, pourtant je crois que tu en as pourtant toute une collection !
Bisous de Mamounette