Un jour, un parc

Un jour, un parc

C’est enfin les vacances pour moi ! Malheureusement, Judith n’a pas les mêmes conditions dans son entreprise, et préfère garder ses jours pour un peu plus tard. L’occasion se présente donc pour moi de partir à l’aventure dans les parcs québécois. L’objectif, à chaque jour un nouveau parc, en rentrant le soir avant le couvre-feu. Le printemps commence, les journées s’allongent, la neige fond et rend la terre spongieuse. Cependant, c’est le moment idéal pour sortir, les moustiques (maringouins au Québec) ne sont pas encore réveillés !

Jour 1: Îles de Boucherville

Et oui, Judith vous l’avait dit dans le calendrier de l’Avent, la semaine comme le Dimanche, et qui dit dimanche, dit Judith disponible ! Nous partons donc à quelques kilomètres à peine de l’île de Montréal pour rejoindre le parc SEPAQ le plus proche. Au Canada, il existe 3 organismes qui gèrent les parcs: Parc Canada, organisme fédéral, qui gère les parcs de la Mauricie par exemple ou celui des 1000 Îles où nous avions fait du kayak ; SEPAQ, organisme provincial, qui gère la plupart des parcs dans lesquels nous allons, très bien entretenus ; et enfin les régions qui ont leur propre système de parc. Le tout est d’avoir la bonne carte ou le bon abonnement pour s’éviter des coûts à chaque visite.

Celui qui nous occupe aujourd’hui est donc un parc provincial SEPAQ, sans doute le plus proche de l’île de Montréal. Il se constitue de trois îles entre Boucherville et Montréal. Il a l’immense avantage d’être tout plat, nous y avions d’ailleurs fait du vélo il y a un moment. C’était la reprise de la marche pour Judith, et elle a parcouru les 7 kilomètres de la randonnée à la vitesse de l’éclair. À peine s’est-elle arrêtée pour voir les cerfs de Virginie qui traînaient au bord du chemin. Pas farouches les bestiaux, ils devaient avoir l’habitude des randonneurs.

Jour 2: Forêt Ouareau

Les choses sérieuses commencent avec une randonnée dans le parc régional de la forêt Ouareau. Étant extrêmement bien préparé, je choisis mon itinéraire en arrivant sur place, d’un coup d’oeil rapide sur la carte du parc. Un lundi matin, le parc est totalement vide, voici donc 10 kilomètres de forêt, de lac et de montagne pour moi tout seul ! Et voici la première leçon: sur la carte, il était bien indiqué la distance de 10 km. Tout à fait. Par contre, ce n’était pas la longueur de la boucle, mais simplement de l’aller. Bon, bon, bon. Deuxième leçon: regarder le dénivellé avant de partir. Oui, car il y avait près de 2000 mètres de dénivellé positif au total. Inutile de vous dire que j’ai très bien dormi cette nuit là. Tenir le rythme durant toute la semaine va être difficile.

Randonnée canadienne: à gauche de la forêt, à droite de la forêt, devant, de la forêt, derrière, de la forêt … ET UN LAC !
Les pointillés sont la limite du parc, mais pas une route.
La voiture se situe 9 kilomètres sur la gauche. Environ.
Y fait frête en tabarnak
Après 1500 mètres de dénivellé positif : un lac avec des arbres
Gel + Vent + un bûcheron pour finir le travail et dégager le sentier
On sent bien les 2°C sur cette photo

Jour 3: Mont Orford

Ah, le Mont Orford, une des grandes attractions de l’Estrie, cette région qui se situe … à l’Est du Québec, 10 points pour Griffondor qui avait la bonne réponse. C’est le tout premier parc que nous avions visité avec Judith lors de son arrivée au Canada. J’avais prévu un parcours intense, mais la fonte des neiges m’a obligé à revoir mes ambitions à la baisse. Une partie des sentiers étaient fermés car impraticable. En effet, avec un mètre de neige tassée au minimum à la fin de l’hiver en mars, les sentiers se transforment en véritables torrents au mois d’avril.

Les bourgeons commencent à percer, la nature se réveille doucement. La fonte des neiges laisse apparaître les feuilles mortes de l’autonme, restées prisonnières tout l’hiver. La terre est gorgée d’eau, les fougères, les arbustres se lancent dans une course effrénée vers le soleil. Dans quelques semaines, les arbres retrouveront leur feuillage, mais surtout, les moustiques se réveilleront ! J’en profite donc pour sortir le T-shirt avant que cela ne devienne impossible. En juin, c’est buffet à volonté.

Comme tous les humains qui se sont aménagés un petit cocon pendant la pandémie, les castors ont bâti un nid douillet.
Des bernaches du Canada, de retour de leur voyage au Mexique

Jour 4: Quai de la tortue

La seule chose autorisée en ce moment est l’activité extérieure dans la limite de 8 personnes de trois foyers différents. À deux mètres de distance. Avec masque si pas possible de tenir le deux mètres. Comme on dit ici, c’est pas pire. Nous retrouvons donc un de nos amis, Thomas, qui est presque notre voisin. Son entreprise lui a donné un défi, celui dans son équipe qui fera le plus de pas. Armé de son téléphone et de sa montre de sport, il nous a demandé de l’aider à réaliser l’objectif. C’est parti pour 12.000 pas (environ 10 kilomètres).

Nous nous dirigeons vers le bord du fleuve, où les ballades sont quasiment sans limites. Un double arc-en-ciel salue l’initiative. Tout cela est moins pittoresque qu’un parc perdu au fond des bois, les sons de la ville se faisant encore présents, mais rapidement, les bâtiments s’éclipsent pour laisser place aux arbres et aux chants d’oiseaux.

Jour 5: Mont Megantic

Source: Wikipédia

C’est le point culminant de la semaine, dans tous les sens du terme. En effet, je me dirige vers du relief. Il faut se lever de bonne heure, il y a un peu de route vers le Mont Mégantic, vers l’Est du Québec. On passe le nouveau pont Samuel de Champlain, on dépasse le Mont Orford, on continue au-delà de Sherbrooke pour finalement se retrouver à quelques kilomètres entre les États du Vermont et du Maine. Les frontières sont évidemment toujours fermées en raison de la pandémie, la région est donc particulièrement calme. L’aire de stationnement est totalement vide, le temps de choisir un itinéraire pour gravir au moins trois des sommets du parc, et la journée pouvait débuter.

Une scène idéale à faire en peinture

Le Mont Megantic, c’est aussi un des rares observatoires du Québec. Judith ayant très envie de découvrir cet endrois, j’ai donc contourné l’observatoire pour garder la surprise avec elle. Pour nos lecteurs des Alpes ou habitués des pentes européennes, l’altitude des montagnes peut prêter à sourire. Effectivement, l’observatoire culmine à seulement 1100 mètres. Certes. Mais on part de 200 mètres en bas. Donc autant vous dire que quand le sentier vous dit 5 km pour arriver au sommet, et bien ça monte sévèrement.

Qui dit montagne, dit neige. Même si la neige a fondu depuis quelques temps en centre-ville, ce n’est pas forcément le cas 1000 mètres plus haut. Au-delà du fait que j’avais oublié de prendre des chaussures étanches, j’avais aussi oublié de prendre mes crampons. Ils auraient été bien utiles là-haut, sur les bancs de neige durcis et peu stables. La vitesse moyenne d’ascension est redescendue, mais la vue au sommet valait le détour !

Bof … Pas le goût de mouiller les chaussettes.
Ça valait le coup d’oeil, avec une vue magnifique sur la fin de la chaîne des Adirondacks.

Jour 6: Parc J.-Albert-Gariépy

Bon d’accord, c’est de la triche, il s’agit du parc juste à côté de chez nous où je fais mon jogging. Cela me permet d’éviter de prendre la voiture aujourd’hui, et de rentrer plus tôt pour passer plus de temps avec Judith. Bon d’accord, c’est aussi parce qu’il pleut et qu’il fait 4°C.

Jour 7: Parc National d’Oka

Pour conclure cette belle semaine, il me fallait le concours de Judith ! Nous sommes allés « prendre une marche » sur la place du Parc d’Oka. Comme les Îles Boucherville, ce parc est très proche de Montréal, et facile d’accès. Le temps s’était clairement rafraîchi, mais l’arrivée sur la plage est toujours aussi dépaysante. Les odeurs de pins, la plage à perte de vue rappellent des souvenirs de pinède méridionale. Parfait donc pour conclure cette semaine.

On vous souhaite une belle semaine, et maintenant on connaît l’autonomie de Judith, c’est 6 km avant de faire une sièste.

Xavier

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