Vivre en quarantaine – dépistage canadien

Vivre en quarantaine – dépistage canadien

Comme certains d’entre vous le savent déjà, je suis allé me faire dépister pour le SARS-CoV-2, ou COVID-19 pour les intimes. Comme toutes les aventures que l’on vit, il nous semblait important de vous expliquer comment ça se passe et comment on le vit. Cela permettra sans doute de lever les incertitudes et surtout aidera ceux qui pourraient avoir à y aller aussi.

Quand la voiture vient en aide

Quel est le meilleur moyen d’assurer une distance entre les gens ? Les enfermer dans leur voiture. Alors, oui, la planète n’est pas forcément d’accord, mais c’est tout de même mieux d’aller se faire dépister en voiture. La clinique d’urgence a été construite en deux jours sur la Place des Arts. On peut donc s’y rendre à pied ou en voiture. La police contrôle strictement l’accès et on a un peu l’impression de rentrer dans un territoire militaire. Les véhicules sont scrutés, des hommes armés et masqués me font signe d’avancer.

On fait la file comme pour un feu rouge. Il n’y a pas beaucoup de voitures devant moi et le débit est très rapide. J’attends moins de 15 minutes dans mon véhicule avant le premier point de contrôle. « Français ? English ? » et tout de suite à travers la vitre entrouverte, on me glisse un masque. Je l’enfile et peux baisser ma vitre. On m’indique l’un des 15 emplacements de tri par véhicule. Du côté passager, une personne protégée de la tête au pied, sort de sa tente où un chauffage lui permettait de rester protégée du froid. Il a neigé hier, ce n’est pas la canicule.

Elle me pose une série de questions sur mes symptômes, ma situation, les personnes que j’ai croisé récemment. Le verdict tombe, j’ai bien fait de venir, aller hop mon bon monsieur, direction le test. On m’indique gentiment où laisser ma voiture et en route vers la seconde tente.

Le pragmatisme canadien

Point d’attente, j’arrive avec mon masque devant les distributeurs de gel. On me demande de me laver les mains et ma carte de sécurité sociale, sous la supervision d’un infirmier. Cette seconde étape est l’inscription, on prend mes coordonnées, on m’identifie, on vérifie ce que j’ai pu dire à la première étape de tri. Je récupère un petit papier avec un autocollant et on me dirige vers la troisième tente.

A nouveau, aucune attente, deux personnes en combinaison biologique se présentent devant moi, je dois me laver les mains une seconde fois. On m’assoie sur une des centaines de chaises. La personne me sourit, m’explique tranquillement la procédure. Deux cotons de tige, l’un est enfoncé dans la gorge, yiark. Le second est plongé dans le nez, loin, loin, loin: pas très agréable. Les tiges sont scellées dans une capsule. On prend mon autocollant dessus, et c’est fini.

Les consignes de santé publique me sont rappelées. On me donne un fascicule, les résultats seront disponibles dans 48 à 72 heures. Et c’est tout. Le processus aura pris une dizaine de minutes tout au plus. La gestion des flux, les parcours, les indications, tout est prévu, tout est fluide. Je ne me suis jamais retrouvé seul à attendre au milieu d’une foule de malade, c’est impressionnant.

En moins de trente minutes, je suis de retour dans mon véhicule, stationné devant la maison avec un justificatif pour mon employeur. Judith n’a pour le moment aucun symptôme et se porte comme un charme !

Félicitations

Alors, au risque de vous assommer, mais il est très important de rester chez soi. Si on veut sortir au plus vite, si on veut aider les soignants, il faut restreindre au maximum la capacité du virus à se répandre. J’en profite pour féliciter tous ces gens, soignants, bénévoles, livreurs, policiers et agriculteurs qui bravent le virus tous les jours pour nous protéger, nous nourrir et pour que l’on puisse reprendre au plus vite un rythme normal. Merci à eux, et bravo à tous ceux dans l’ombre qui organisent les cliniques comme celle que j’ai visitée.

Il n’a jamais été aussi facile de sauver le monde, restons chez nous !

Xavier

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1 Comment

  1. J’ai lu avec un peu d’appréhension ton dernier article car même si la procédure mise en place reste impressionnante en terme d’organisation, ce dépistage indique que tu as été en contact et sans doute infecté. Surtout prenez soin de vous au maximum et n’oublies pas de nous tenir au courant des résultats de ton dépistage car je ne suis pas la seule à rester inquiète.
    Gros bisous virtuels d’une confinée.
    La Cricri

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