Un concert à Notre-Dame de Paris

Un concert à Notre-Dame de Paris

Une fois n’est pas coutume, nous allons écrire un article qui se passe à Paris et qui parle d’un événement que vous avez vécu ! Le temps d’une fin de semaine, je quitte la rigueur de l’automne montréalais pour rejoindre la douceur européenne. Mon Papounet a joué sur le Grand-Orgue de Notre-Dame de Paris ce samedi 1er décembre. La cathédrale est bien connue de tous. On y passe devant souvent lors de ballade dans la capitale, c’est l’un des monuments les plus visités dans le monde et c’est même une héroïne de littérature. C’est là aussi que joue un quasi homonyme de Papa, Olivier Latry. Ce concert était inscrit de longue date dans les agendas, et c’est peu dire que le concertiste a été à la hauteur (depuis sa tribune) des attentes.

Un Megadonosorgue 

Ainsi que Judith l’appelle, ce monstre qu’est le Grand-Orgue de Notre-Dame de Paris a beaucoup changé depuis le dernier concert de Papa il y a 15 ans. En effet, il avait connu une panne générale de l’orgue au début des Variations de Bonnet. À l’époque, trois ordinateurs contrôlaient l’instrument et présentaient régulièrement des failles. Il fallait donc attendre le redémarrage des machines pour reprendre le cours du concert. 

Depuis, la cathédrale a connu un ravalement et l’orgue a profité d’une révision complète. Ainsi, la console est bien plus moderne et nous ne risquons plus de pannes anxiogènes durant le concert. Un soucis de moins au moment de plaquer les premiers accords. 

5 claviers,  115 jeux et près de 8000 tuyaux: des dimensions presque canadiennes !

À ce propos, l’orgue est vraiment impressionnant. Il possède une incroyable Contre bombarde de 32 pieds. Le jeu est tellement grave et puissant que le son du Do est discontinu et fait vibrer la tribune entière. Un vrai moteur de paquebot. On pourrait aussi parler de la boîte expressive qui indique sur écran le pourcentage d’ouverture des panneaux de bois. Ou encore la pédale de crescendo, qui ajoute les jeux automatiquement d’un simple geste du pied. 

Cela dit, le plus remarquable depuis la tribune reste les chamades (les tuyaux horizontaux) et le tutti. La puissance dégagée nécessite des protections d’oreilles. C’est à peine supportable à la console, mais cela donne le sentiment du Capitaine Némo dans son Nautilus. Le son riche remplit la cathédrale et tant pis pour le sifflement qui persistera dans les tympans. 

Un instrument moderne

Un organiste heureux à la tribune

Du point de vue technologique, l’orgue n’est pas en reste. On peut ainsi enregistrer pas moins de 9990 combinaisons. De plus, l’orgue est également capable de s’enregistrer en direct et de produire un CD audio du concert avant même d’avoir eu le temps de ranger les partitions. On trouve également toutes sortes de prises pour relier l’orgue à un ordinateur. En somme, c’est un outil moderne et connecté.

Une répétition dans la nuit

Heureusement que l’on peut programmer les combinaisons avant le concert !

Pour rejoindre la tribune, nous ne passons pas par la nef centrale. Ainsi, sur le flanc de l’église dans la tour Sud, se trouve un escalier en colimaçon. Il permet de rejoindre une immense porte rouge ornée de fer forgé. Derrière se trouve une grande salle dans laquelle on peut retrouver un petit musée. Sur l’un des murs, on peut apercevoir le premier positif de l’orgue. Juste en dessous, on trouve la console de Louis Vierne. Les touches ont vécu, les tirants de jeux sont patinés, mais le meuble est beau.

 La console de Louis Vierne, déjà impressionnante

La répétition débute, nous sommes seuls dans la cathédrale. Les sacristains éteignent les lumières. Seule la tribune demeure éclairée ainsi que l’étoile de Noël qui scintille au-dessus de l’hôtel. Déjà, les premières notes résonnent dans la nef.

Un Papa qui s’amuse avec le gros jouet

Enfin, le programme entier y passe. Une symphonie de Widor, un extrait de Symphonie de Vierne et une pièce de Matry composent le menu. Tout est prêt pour le concert.

Le concert tant attendu

Puis, c’est le grand jour. Malgré un petit pic de stress bien compréhensible, Papa enchaîne les premières mesures, les premières pages. Il respire, réussit les passages techniques. Pour ainsi dire, il s’amuse et prend plaisir. C’est un bel orgue et il en tire le meilleur.

Quelques instants avant les premières notes

La 4e Symphonie de Widor s’achève et les premiers applaudissements montent à la tribune. Un immense sentiment de fierté. Mon Papa, c’est celui qui va jouer une de ses œuvres à Notre-Dame. C’est aussi une interprétation de Gigout vue plus de 90.000 fois (!) sur Youtube. Ma Maman, c’est celle que tous les élèves adorent et couvrent de cadeaux. C’est également des conférences, des projets musicaux et des concerts toujours plébicités. Mon frère, c’est celui qui cartonne dans tous les défis qu’il se lance. C’est également un bon coup de crayon, un beau coup d’archet. Bref, une grande joie que de faire partie de la famille. Papa pousse un soupir de soulagement et attaque le morceau suivant.

Presque 100.000 vues sur Internet

De plus, c’était un vrai plaisir de retrouver le travail d’équipe familial avec Maman. Entre les pages à tourner, les registrations à changer, il y avait tout une chorégraphie derrière le concertiste. La communication s’appuie sur de petits signes de la main et des regards interrogateurs ou bien concentrés sur la partition. De plus, Bruno lançait les applaudissements à la fin des pièces, tel un chauffeur de salle. Ainsi, chacun avait son rôle à tenir pour le bon déroulement du concert.

Malheureusement, le concert s’achevait déjà. On en aurait bien repris un peu, une Toccata de plus, mais le temps était écoulé et il fallait rendre l’orgue à la cathédrale.

Un très beau souvenir

Nous redescendons l’escalier en colimaçon et passons la porte dérobée. Là, derrière les grilles, une partie du public attendait Papa. Applaudissements et « Bravo » fusent dès qu’il passe le portail. À nouveau, une immense fierté accompagne un petit sourire.

Le duo de choc devant le cockpit de l’avion la console de l’orgue

Il s’agissait d’un concert particulier. En effet, il était dédié aux deux Inséparables, Papilou et Muttie. Un bel hommage pour un couple unique. Avec une grande émotion, nous avons entendu les mots de l’archiprêtre pour eux. Comme une douce musique, leurs noms ont résonné dans la Cathédrale.

Deux inséparables tours qui veillent sur Paris

Xavier

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2 Comments

  1. Bel article Xavier , je vais ainsi essayer de faire partager un de ces jours, le concert à Michel,depuis la tribune en votre compagnie…Cela lui fera du bien lui qui a tant de chagrin…Encore merci pour ces images précieuses et ta vision de l’évènement.

  2. Merci Xavier, ton article est vraiment émouvant pour le Papounet simple ! Je t’envoie plein de bises qui vont voleter dans les airs jusqu’au Canada.

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