Montréal à travers le temps – Partie 1 – les origines

Montréal à travers le temps – Partie 1 – les origines

Il y a un an, la ville de Montréal fêtait les 375 ans de sa fondation par Paul de Maisonneuve et Jeanne Mance. Cela peut sembler bien récent par rapport à Béziers (fondée en -640 avant JC) mais Montréal et Québec sont bien les plus anciennes villes en Amérique du Nord. Ceux qui ont eu la chance de visiter ces deux villes se souviennent sans doute des constructions en pierre rappelant Saint-Malo. Nous trouvons intéressant de voir comment ces villes ont pu s’adapter depuis une tradition européenne vers un modèle plus anglo-saxon. Durant la fin de semaine se tiennent les journées de la Culture, aussi nous sautons sur l’occasion pour vous parler un peu de cette ville qui nous accueille.

Nous allons écrire cet article en plusieurs parties. Vous lisez actuellement la première partie.

Montréal avant Montréal

Avant l’arrivée des français menés par Jacques Cartier et Samuel de Champlain, les Iroquois habitaient déjà la région depuis longtemps. Aucune trace n’a survécu du village de Hochelaga. Les constructions étaient faites de bois et d’écorces et pouvaient abriter jusqu’à 3.000 habitants. Pour une fois, il semble que la colonisation ne soit pas responsable de l’abandon et de la disparition du village de Hochelaga. En effet, les Iroquois étaient semi-sédentaires. Cela signifie qu’une fois que les ressources de la région épuisées, ils se déplaçaient vers un nouvel emplacement. Ainsi, Cartier mentionnait le village lors de son voyage mais Champlain n’y fait plus référence dans les expéditions suivantes.

Cartier devant le village de Hochelaga. Crédits Le Devoir

L’emplacement exact est toujours discuté. Au sud du Mont Royal, là où se trouvaient les terres fertiles ? Ou bien au Nord, à la croisée de la rivière des Prairies et du Saint Laurent ? Il n’y aura sans doute jamais de réponse étant donné l’absence de traces archéologiques. Cependant, des fouilles ont montré que l’une des rues de la ville actuelle suit exactement le tracé d’un chemin utilisé par les Iroquois pour contourner la montagne.

La Chine ou Lachine ?

Jacques Cartier a remonté le Saint-Laurent depuis Terre-Neuve jusqu’aux rapides de Lachine. À cet endroit, il n’est plus possible de faire passer un navire. En réalité, tant qu’on aura pas creusé le canal de Lachine pour canaliser les eaux du fleuve, il ne sera jamais possible pour un navire de remonter plus haut vers les Grands Lacs. Pour l’anecdote, Cartier cherchait un passage vers la Chine. Le nom du quartier est resté pour se moquer gentiment des aventuriers français. 

Encore aujourd’hui, les rapides secouent fort. Crédits QuébecOriginal

Ainsi, les Iroquois ont reçu Cartier après son débarquement au niveau de l’emplacement de l’actuel Vieux-Port. Il y découvre une montagne qu’il nomme Mont Royal. Plus tard, le nom évoluera pour donner le nom de la future ville de Montréal. Roberval et Cartier remontent vers le nord mais les indiens de Stadaconé les attaquent. Force est de constater qu’il n’y a pas d’or et qu’il n’y a pas de passage vers l’Inde. François 1er décide donc de rappeler les troupes.

Nous sommes en 1541 et il ne se passera plus grand chose du côté français. En effet, les guerres de religion font rage. Plus personne ne pense au Canada. Des activités de traite de fourrures de castors et de pêche se développent sans réel encadrement. Cependant, les marchands font fortune. Cela ravive l’intérêt du vieux continent. C’est pourquoi Samuel de Champlain arriva dans la région pour défricher la terre et installer trois colonies à Québec, Montréal et Trois-Rivières. Il en profita également pour signer un traité avec les Algonquins à Tadoussac. Une affaire rondement menée en moins d’un an. 

De la traite des fourrures et du pouvoir des sociétés

Les débuts sont pénibles pour les français. Entre le froid, le scorbut et les attaques des autochtones, il s’en faut de peu à chaque fois pour que les colonies ne soient abandonnées. Pendant 50 ans, il n’y aura que peu de contacts entre européens et amérindiens. Les pêcheurs anglais et français envahissent la baie du Saint Laurent pour y trouver des baleines et des morues qu’ils font sécher sur les plages. 

Une fois les premiers traités signés, la présence française s’organise. Les premières sociétés sont fondés pour convertir les sauvages de la Nouvelle-France (sic). Ainsi, au gré des alliances, l’île de Montréal est confiée aux Jésuites. Richelieu confie la colonie de la Nouvelle France à la Société des Cent-Associés. D’ailleurs, il en est lui-même actionnaire. Bien vu. La société organise et finance le départ de 400 colons. Malheureusement, les navires ont été interceptés par les anglais dans le golfe du Saint Laurent. La perfide Albion prend le contrôle de ce qui sera la future ville de Québec. Pourtant, la guerre entre la France et l’Angleterre était terminée en Europe.  Ainsi, les anglais durent rendre le Québec aux français.

Samuel de Champlain arrive à Québec – George Agnew Reid – 1909 (Sources BAnQ)

Les relations avec les autochtones sont plutôt bonnes. En effet, le commerce de la fourrure fait les affaires des deux camps. On peut également noter qu’en 1635, il n’y a que 500 français qui habitent de l’autre côté de l’Atlantique. Tout le problème vient du fait que la Société des Cent-Associés préfèrent encaisser les bénéfices du commerces plutôt que d’investir dans une colonie de peuplement. La Nouvelle-France n’est qu’un comptoir quand les anglais sont déjà 30.000 aux Amériques. Les colons fondent leur propre société qui récupère le contrôle de la région. La population monte à environ 3.000 colons. 

Ville-Marie et l’Hôtel-Dieu comme fondation de Montréal

Les relations avec les Iroquois se détériorent. L’économie de la colonie s’appuie quasi uniquement sur la traite de la fourrure qui ne nécessite pas beaucoup de main-d’oeuvre. À nouveau, l’implantation en Nouvelle-France est menacée. En 1642, Maisonneuve a commandé la construction d’un fort pour se protéger sur l’île de Montréal. Il s’agrandira pour devenir le futur quartier Ville-Marie. Jeanne Mance, une infirmière laîque, fait construire l’Hôtel-Dieu, qui devient ainsi le premier hôpital d’Amérique du Nord. Quarante ans plus tard, il y a 500 habitants à Montréal et le commerce reprend doucement avec les Outaouais. Malgré tout, les guerres Iroquoises continuent et dépeuplent l’Ontario.  

Dans ce contexte, Louis XIV souhaite reprendre le contrôle de la Nouvelle-France. Il charge Colbert de remettre de l’ordre en créant de nouvelles structures administratives. Ainsi, il construit la fonction d’Intendant. Jean Talon est nommé pendant trois ans. Dès son arrivée, il met en place une politique nataliste. Ainsi, pendant son mandat, on comptera jusqu’à 700 naissances par an. De plus, il lance des initiatives de diversification de l’économie (agriculture, pêche, exploitation forestière et industrie). Enfin, il favorise de grandes expéditions pour explorer les terres. On retiendra quelques noms comme Cavelier de la Salle, La Vérendrye ou Du Luth. 

Malgré tous les efforts de Jean Talon, et la signature une dizaine d’année plus tard de la Grande Paix avec les Iroquois, la colonie est de nouveau menacé. Les Anglais poussent une nouvelle fois les français à renforcer les les forts. Ils quittent leurs habits de bois pour de la pierre. Cela est même rendu obligatoire car Montréal est souvent la proie des incendies. Les conflits entre Européens s’intensifient, pour culminer par le siège de la ville de Québec. La bataille des plaines d’Abraham donne un verdict déjà inéluctable. La France a perdu.

La bataille des Plaines d’Abraham

À la suite de ces conflits, la France sort vraiment grande perdante. Lors du traité de Paris en 1763, les anglais offrent aux français de choisir entre les Antilles et le Canada. Les Antilles resteront françaises. Il y a là-bas des ressources facilement exploitables et surtout un territoire plus facile à défendre. En effet, en Amérique du Nord, deux millions d’anglais entourent 60.000 français.

Montréal, le Québec, Terre-Neuve et l’Acadie passent ainsi sous le giron de Londres. C’est la fin de la Nouvelle-France.


Dans les prochains articles, vous pourrez en apprendre plus sur:

  • La vie à Montréal sous le régime anglais
  • Montréal au XXe siècle
  • Un focus spécial sur l’Exposition Universelle de 1967
  • Montréal de nos jours et la métamorphose perpétuelle de la ville

Xavier

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