Castors et Bisons ou comment bien commencer l’automne
L’automne est bien arrivé au Québec. Ce n’est que le début, mais les arbres ont déjà commencé à prendre des couleurs. Pour nous, c’est l’occasion de prendre une pause nature. Nous avons randonné, escaladé, entendu le renâcle des bisons et avons observé des castors en pleine activité. Si les maximales l’après-midi promettent toujours 15 degrés, en revanche, nous chutons le matin autour des 2 degrés. C’est l’automne, le vent est frais, la forêt sent le bois humide et après la fournaise de l’été, cela fait du bien!
Randonnée dans la forêt Ouareau
Voilà quelques temps que nous n’avions pas sillonné les sentiers de randonnées du Québec. La température plus fraîche aidant, nous voilà de nouveau dans la forêt. Les deux tornades qui ont touchées l’Ontario ont laissé des traces. Des arbres sont déracinés, la terre est encore humide de la pluie. En fait, nous n’avons rien senti à Montréal, hormis un vent un peu fort.

Le sous-bois de la forêt est très beau, un mélange de pins et d’érables qui dégage une forte odeur qui détend. Nous gravissons des reliefs pour nous retrouver sur un petit mont nous permettant d’observer la région. Lacs, rivières et forêts qui commencent à se parer de rouge et de jaune. C’est surtout les dimensions qui changent le plus de la France. Partout où se porte le regard, des arbres. Vers le Nord, rien que des arbres, pas la moindre construction à perte de vue. Encore une ou deux semaines avant que les feuilles prennent les couleurs de feu.

Des castors pour se détendre
Après quelques hésitations, nous avons trouvé le chalet dans lequel nous allions passer la nuit, sur l’avenue Neveu. La difficulté tenait du fait que le GPS n’indiquait pas la route et que ladite route tenait plus du chemin d’accès à un champ que d’une avenue. En revanche, la difficulté d’accès est souvent synonyme de havre de paix au Canada. Nous sommes donc arrivés au bord d’un lac que nous partagions uniquement avec une famille de canards et quelques castors.

Le chalet représentait assez bien l’image que l’on peut se faire du Canada. Une construction en bois, au bord d’un lac entouré de forêts et des chaussons en peau de bêtes. Nous ferons une mention particulière à la douche, entièrement vitrée. Il est donc possible de se laver nu comme un ver, au chaud, en regardant les castors travailler dans le lac. On notera également le ponton qui permet de lire jusqu’au coucher du soleil et de profiter des dernières chaleurs du jour. L’avantage de l’automne est qu’il n’y a plus de maringouins (les moustiques), ce qui est très appréciable.
Et pour finir ce tableau, comment ne pas évoquer la brume qui se lève avec la lumière du matin sur le lac. Vous l’aurez compris, nous avons pu nous détendre et profiter de la nature.

D’arbres en arbres à Rawdon
Si Judith n’est pas une grande fan de la course à pied, il en va autrement de toute activité nécessitant un baudrier. Nous avons donc réservé une activité d’aventures dans les arbres. Le principe est simple. Des plateformes sont construites en hauteur sur les arbres les plus solides. Entre chaque plateforme, un câble et différents obstacles: pont de singe, tyrolienne, filet et j’en passe.

Clairement, Judith est très agile. Souple et efficace, elle avale les difficultés sans effort. De mon côté, l’histoire est un peu différente. Devant faire une croix sur la souplesse et l’agilité, il me reste la force. Elle est totalement inutile si on ne sait pas la gérer. Ma technique de passer toutes les épreuves à la force des bras sans utiliser les jambes s’est avérée épuisante et vraiment pas idéale. En effet, le parcours durait trois heures.
Toutefois, il faut bien reconnaître que sauter d’arbres en arbres est très amusant. Ainsi, une des épreuves consistait à traverser différentes canalisations suspendues dans le vide. Je vous laisse imaginer ce que peut donner le fait de ramper dans un tuyau qui bouge. Une autre épreuve consistait en une succession de tronc verticaux, toujours suspendus dans le vide. Le mimétisme avec les koalas était vraiment impressionnant !
Le renâcle des Bisons
Nous sommes également allés visiter la ferme la Terre des Bisons sur la route du retour. Cette ferme élève des bisons depuis plus de vingt ans et se lance également dans l’élevage de Wapiti. Comme nous l’a expliqué la propriétaire, les barrières du corral sont plus psychologiques que réellement efficace. Si un bison veut sortir, il sortira.

Quand on s’approche de l’enclot, on peut entendre le renâcle, le son caverneux, préhistorique qu’émettent ces bovins énormes. Le mâle pèse facilement plus d’une tonne et peut atteindre les 75 km/h de vitesse de pointe. Ajoutons à cela la capacité de sauter à plus de deux mètres. Voilà le portrait d’un animal qui peuplait les plaines d’Asie. Il a en effet traversé le bras de terre qui existait entre la Russie et l’Alaska au niveau du détroit de Bering il y a 10.000 ans. La population nord-américaine de bisons étaient évaluer à 60 millions de têtes en 1800. Les européens sont arrivés et en 1900 il ne restait que 700 bisons en Amérique. En 100 ans, la chasse et le développement de l’agriculture sont venus à bout des bisons. Buffalo Bill pouvait tuer jusqu’à 1.000 bêtes par jour.

S’il reste quelques bisons sauvages dans les parcs nationaux américains, la plupart maintenant vivent dans des élevages. Selon les propriétaires de la ferme, ils restent toujours sauvages, il est impossible de les approcher ou de les toucher. Ils gardent leurs instincts des grandes plaines, se déplaçant en troupeaux régis par une complexe hiérarchie. Ainsi, lorsqu’un nouveau mâle est introduit dans un troupeau, il faut s’attendre à des mêlées que ne renieraient pas les adeptes du rugby. Simplement, les deux mâles en concurrence se poussent de tout leur poids pendant plus de trente minutes.
Finalement, il y a quelque chose de touchant dans cet animal. À la fois si grand, si impressionnant et pourtant si proche de l’extinction. C’est un peu la sensation que nous avons eu en voyant les baleines. Et toujours ce sentiment que nous, les humains, jouons un jeu bien dangereux en modifiant aussi rapidement ces équilibres millénaires. Un animal du fond des âges. Rustique, puissant et sauvage.
Le goût du Bison
C’était une des choses que nous souhaitions faire au Canada absolument. Goûter un steak de bison acheté à la ferme. C’est vrai que cela semble parfois étrange: pour financer la sauvegarde d’une espèce, il faut en manger. Nous vous conseillons la lecture de Dan O’Brien sur la réintroduction du bison dans les plaines américaines. Le bison façonne le paysage et favorise la biodiversité du milieu. Un bon compromis donc entre agriculture raisonnée et équilibre biologique.

Le goût est assez doux pour du gibier, plutôt proche du bœuf, mais beaucoup plus puissant. Ainsi, les arômes prennent dans le nez. La chaire est ferme comme pour le gibier, mais se coupe et se mange très facilement.
Pas de sauce, pas d’épices, simplement de la viande pour connaître le goût. Il s’agit d’une viande assez maigre et dense. En d’autres termes, même Judith qui n’est clairement pas une carnivore a bien apprécié son steak. Le prix n’est pas excessif même si cela reste plus cher que le steak de bœuf vendu en barquette en supermarché. C’est le choix que nous avons fait: manger moins de viande, mais de meilleure qualité. On rassure nos lecteurs épris de vie sauvage, nous ne mangerons pas du bison toutes les semaines !
Et pour ceux qui ne reculent pas devant une côte de bœuf au barbecue, le bison, c’est vraiment bon !
Sympa les bisons , mais où sont les castors ?
J’adore aussi quand y a de films…
Bisous
Merci… et BRAVO pour cette découverte des bisons,
L’écrivain perce sous le scientifique… et les commentaires !! très bons.
Bravo aussi pour la qualité des photos ! ! !
MERCI gros bisous à tous les deux ……
Merci pour ce très gentil commentaire ! Cela nous pousse donc à continuer à écrire les articles !
Bisous et à bientôt