Curiosités – Mais qui êtes-vous Monsieur Cherrier ?

Curiosités – Mais qui êtes-vous Monsieur Cherrier ?

Côme-Séraphin Cherrier a prêté son nom à la rue dans laquelle nous habitons. Nous nous sommes donc intéressés à l’histoire de cet homme pour inaugurer notre section « Cabinet de Curiosités ». Avocat devenu homme politique, il a connu des évènements historiques importants de l’histoire du Québec et de la ville de Montréal.

La vie de Monsieur Cherrier

Né en 1798 au Québec, Cherrier a eu une vie bien remplie. Tout d’abord avocat, puis député du Parti Patriote à l’Assemblée de Montréal, il passe part la case prison pour participation à la rébellion des Patriotes. Il devient Bâtonnier du Barreau de Montréal puis il se présente mais perd les élections à la mairie de Montréal. Quelques années plus tard, il devient seigneur de l’Île-Bizard par héritage. En parallèle, il devient administrateur puis président de la Banque du Peuple. Enfin, il devient professeur et premier doyen de l’Université de Montréal (dont dépend Polytechnique Montréal). Il s’éteint en 1885. Nous allons profiter de son parcours pour faire un petit arrêt sur cette première moitié du XIXe siècle au Québec.

Le Parti Patriote

Pour comprendre cette page importante de l’histoire du Québec, il faut remonter à l’époque où la France se retire du Canada au profit des britanniques. Ces derniers imposent des lois écartant les catholiques de la vie citoyenne. À cela s’ajoute l’indépendance américaine et des terres données aux colons britanniques, créant un fort sentiment d’injustice. Ainsi, les canadiens du Bas-Canada (actuelle province du Québec) créent un parti (Parti Canadien, en opposition au Parti Anglais) qui sera élu à l’Assemblée. Tandis que le Gouverneur britannique dissout régulièrement cette assemblée dès qu’elle est hostile au pouvoir en place, la révolte gronde de plus en plus fort. Néanmoins, il persiste et fait mettre en prison les membres du parti. Cela provoque moult remous, le Parti devient Parti Patriote et arrive à faire réélire des membres, même en cellule. En raison de sa situation géographique, Montréal est au carrefour des influences protestantes du nord (britannique) et catholiques du Sud (anciens colons français). C’est donc naturellement ici que la révolte éclate à la suite d’une charge de l’armée anglaise dans la foule lors d’une élection en mai 1832.

La rébellion des Patriotes

Par ailleurs, le clergé se divise également sur la conduite à tenir. Ainsi, le haut-clergé a des préférences pour le gouvernement britannique. Quant au bas-clergé, il préfère soutenir le mouvement populaire. Le Parti Patriote, mené entre autre par Louis-Joseph Papineau, organise des assemblées et des élections dans les comtés. En 1837 et 1838, des groupes armés se montent, poussant l’exécutif à déclarer la loi martiale. Pendant ce temps, les Premières Nations Iroquoises préfèrent rester neutres, proclamant leur identité propre et refusant d’être assimilés à l’un ou l’autre camp. Les batailles entre patriotes et britanniques furent sanglantes et violentes. Finalement, beaucoup de patriotes finirent en prison, comme ce fut le cas pour Cherrier, au bagne ou exilés aux États-Unis. Les conséquences de ce moment douloureux sont toujours visibles. En effet, la fin de la rébellion marque la création du Canada-Uni, province britannique mais aussi ancêtre de l’actuel état canadien.

Le Jour des Patriote

Pour ces raisons, le Québec continue de célébrer ses Patriotes lors de la Journée des Patriotes. C’est donc un jour férié et chômé au Québec. Étrangement, il tombe exactement en même temps que le Jour de la Reine (d’Angleterre), célébré dans tout le reste du Canada. Ainsi, on ne fête donc jamais la Reine au Québec !

La Rue Cherrier

La rue prend le nom de Cherrier en 1878. Il est à noter que la rue prend le nom d’un homme en son hommage alors qu’il est toujours vivant. Elle est réputée pour ses maisons de style victorien (dont notre appartement). Pour ce qui nous concerne, elle présente l’immense avantage de relier le Parc La Fontaine au square Saint Louis, lieux propices à la promenade, même par -12°C.

  • 1846 - Uniquement des champs, pas de rue
Sources

Archives De Montréal (http://archivesdemontreal.com/)
Assemblée Nationale du Québec (http://www.assnat.qc.ca)
BAnQ (http://www.banq.qc.ca)
Vieux-Montréal (http://www.vieux.montreal.qc.ca)

Xavier

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